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Zinée en monde ouvert

Publié le 09 juillet 2026 — par Aurélien Kalasz Lecture 8 min

— Exposition | Video Games & Music : Zinée en monde ouvert

Ça marche vraiment ? Mais wesh ! Quelle musique ! Je pense que même les gens qui n’ont jamais joué connaissent. Quelqu’un veut prendre le relais ? Moi ? Oui, j’ai joué et je joue encore aux jeux vidéo. Les premiers jeux que j’ai faits, c’était sur GameCube. J’ai fait Star Fox Adventures. Rayman 2 et 3. Et Zelda: Ocarina of Time, je crois. C’est mes premiers souvenirs de jeux que j’ai faits de A à Z. Il y a deux jeux qui m’ont vraiment ouverte à des musiques plus classiques, néo-classiques. Il y a The Witcher 3, que j’ai vu en opéra symphonique. Tout ce qui est musique slave et tout, je ne connaissais pas du tout. Les instruments et tout, c’est pas du tout ma culture. Clair Obscur aussi, ça m’a quand même mis une sacrée gifle. 
Oh, mon Dieu ! C’est un des derniers jeux que j’ai faits. Clair Obscur. Regarde, il y a une partition ! C’est fou ! 
Ori, c’est un jeu sur PC qui est gratuit avec le Game Pass, qui ressemble un peu à Hollow Knight, mais qui est sorti avant. Et une super giga BO, vraiment trop bien aussi, que j’ai dans ma playlist. 
Moi, mes pochettes, c’est que des illustrations. 
Je suis très fantastique, très dans ma tête, très… Les histoires, les épopées, les dragons, les créatures, le lore derrière les jeux… Ça m’inspire plus que les choses que je traverse dans ma vie, au sens propre. Ça rend les choses beaucoup plus poétiques que dans la vie. Donc je trouve que c’est un super format, pour le coup, pour explorer qui on est. 
Viens t’asseoir. Let’s go ! 
Mon frère, c’est un super gamer. Lui, il s’est mis vachement dedans à l’adolescence. À l’âge adulte, quand j’ai commencé à avoir des problèmes de santé, et quand j’habitais seule à Paris et tout, ça a été un refuge dans pas mal de situations. Et maintenant, au-delà d’être un refuge, c’est un truc que je partage avec des gens qui sont très importants dans ma vie, maintenant. C’est comme ça que je me nourris. Moi, je voyage pas. Avec ma santé, je peux pas bouger très loin. Moi, si demain, j’ai plus les jeux vidéo, il me reste pas grand-chose, quoi. 
Faut que j’appuie où ? Ah, là ? 
Ça donne confiance en soi, les jeux vidéo. On finit toujours par y arriver. D’une façon ou d’une autre. Que ça soit en trichant, enfin en utilisant des glitchs ou pas. Ou juste en passant des mois, même, sur un boss. Parfois, ça répond pas à ta logique. Alors que la plupart du temps, tu roules sur le jeu. 
Ce que j’aime, c’est vraiment ce côté satisfaisant. En mode : "Ah, j’ai réussi à faire ça, à passer ça." J’ai très peu confiance en moi. Et je pense que le jeu vidéo permet à vachement de gens qui n’ont pas de confiance en eux de se booster, de se rebooster, et de continuer à se bagarrer. Et ça, j’en suis intimement persuadée. Les gens qui galèrent dans la vie, qui s’en sortent et qui continuent à se bagarrer contre diverses choses, contre l’isolement, par le jeu vidéo, par Discord, par le fait de rester en lien, par le fait d’être valorisés par les autres, que ça soit le seul moyen d’être valorisé. Je pense qu’il y a plus malsain que de jouer aux jeux vidéo. Je pense qu’il y a plus toxique et plus destructeur que ça. 
Publicité française pour la Mega Drive, 1988 ! Je suis de quelle année ? Je suis de 1997. J’ai 28 ans. 
- 37 ans.
- Ça a 37 ans, tu te rends compte ? Ça a 40 ans, quasi. 
Il y avait quoi ? Street Of Rage... de la console Mega Drive, campagne de publicité audiovisuelle." Incroyable. Mon Dieu. En 2D et tout, quand même ! Moi, j’aime bien encore les jeux comme ça. Il n’y a aucun des jeux, là, que j’ai fait. Les photos, elles sont hyper stylées. Ah, c’est en France. Ah non, c’est celle-là en France, je pense. Qu’est-ce que j’ai trouvé cool ? Electroplankton. Tu joues de la musique juste en bougeant des... Tu as les feuilles d’une plante, tu bouges la feuille, c’est pas la même note en fonction de machin et tout... J’ai trouvé ça super chouette. Ça m’a fait super plaisir de jouer à Guitar Hero ! Mais en vrai, c’est beaucoup plus chaud que prévu. J’avais oublié. Il n’y a personne qui va guitar-hérer ? 
- Il n’y en a qu’une. 
- Non, il y en a deux. Heureusement que je ne fais pas de la guitare ! C’est la catastrophe ! 
- C’est Débutant, là ? 
- Moyen. J’arrête pas le rap. Mais wesh ! 
Rien de mieux. Je me régale. J’ai beaucoup aimé la frise avec le débrief des consoles. Je me rends compte que je ne suis plus toute jeune. Franchement, l’évolution en 20, 30 ans, c’est assez formidable. J’ai beaucoup aimé le mur aussi, avec les compositeurs sur les jeux. J’ai trouvé ça cool. J’ai aussi beaucoup aimé ça, là… Quand il y avait les barres bruitage, son, VO et tout. J’ai trouvé ça hyper intéressant. On se rend pas compte du taf qu’il y a derrière un jeu. C’est hallucinant. Et en vrai, j’ai rejoué à Sonic. C’était hyper intéressant. En vrai, c’est hyper cool. Et puis, ils ont déjà mis Clair Obscur sur le mur. Alors que c’est sorti que l’année dernière. C’était trop chouette. On aurait pu y passer beaucoup plus de temps. 

Longtemps refuge, puis source d’inspiration, le jeu vidéo est aujourd’hui devenu une véritable nécessité pour la rappeuse Zinée. À l’occasion de sa visite de l’exposition Video Games & Music, elle revient sur le lien intime qu’elle entretient avec cet univers. 

Entre bandes-son éclectiques, souvenirs de ses premiers jeux et joyeuses (re)découvertes, Zinée se prête à une déambulation spontanée aux côtés d’Imane, journaliste pour Mosaïque.