Nicolas Peyrat
Alto
Premier prix d’alto et de musique de chambre du Conservatoire de Paris (CNSMDP), Nicolas Peyrat y étudie auprès de Pierre-Henri Xuereb, Pierre-Laurent Aimard, Alain Meunier et Michel Strauss. En 1996, il suit l’enseignement de Milan Škampa (du Quatuor Smetana) à l’Académie de musique de Prague, avant d’intégrer le cycle de perfectionnement du CNSMDP. Il poursuit ensuite sa formation à la Guildhall School of Music and Drama de Londres, dans la classe de Timothy Boulton, puis à la Musikhochschule de Bâle auprès d’Hatto Beyerle, fondateur du Quatuor Alban Berg.
Membre de l’Orchestre de Paris, il se produit sous la direction de chefs tels que Claudio Abbado, Pierre Boulez, Christoph Eschenbach ou Bernard Haitink. Il collabore également avec l’Ensemble intercontemporain, l’Opéra de Paris, l’Orchestre philharmonique de Radio France et l’Orchestre national de France, et est invité comme alto solo par l’Orchestre Léonard de Vinci de Rouen et l’Orchestre Pasdeloup.
Invité de festivals tels que le Festival des Arcs ou La Folle Journée de Bilbao, il a interprété les œuvres majeures du répertoire, notamment la Symphonie concertante de Mozart, le Concerto de Telemann ou encore le Concerto pour alto de Bartók, à la Cité de la musique à Paris. Il a également créé La Stravaganza de Régis Campo. Depuis 2012, il exprime son goût pour la création contemporaine au sein de l’ensemble AtMusica, basé à Tours, où il participe à de nombreux projets dans des formations variées. Depuis 2021, il s’y consacre plus particulièrement au répertoire du quatuor à cordes.
Parallèlement à son activité de musicien classique, Nicolas Peyrat cultive une passion pour la musique d’Argentine. Il rejoint d’abord le Grand Orchestre de Tango de Juan José Mosalini, avant de fonder en 2008 le trio Nada Mas, puis de créer le trio Mosalini – Aubía – Peyrat. Avec ces ensembles, il se produit dans les plus grandes salles européennes – comme l’Elbphilharmonie de Hambourg, les Konzerthaus de Berlin et de Vienne, la Tonhalle Düsseldorf – et participe au Festival de tango de Buenos Aires en 2015 et 2019. Aujourd’hui, il se produit en trio aux côtés du guitariste César Angeleri et du pianiste Diego Aubía, dans un répertoire inspiré du riche folklore argentin.
Nicolas Peyrat © Studio Cabrelli
Son Interview
Comment êtes-vous venu à l’alto ?
J’ai commencé le violon à 5 ans en écoutant les disques de Christian Ferras, et c’est Marie-Christine Witterkoër (ma professeur qui joue aussi dans l’Orchestre de Paris), qui m’a fait découvrir l’alto à 16 ans. L’instrument convient mieux à ma morphologie et j’aime beaucoup la chaleur du son et les graves de l’alto.
Quelle est la plus belle oeuvre composée pour votre instrument ?
La Sonate pour alto seul de Ligeti. Le compositeur est allé au bout des possibilités de l’instrument. C’est à la limite du jouable et pourtant tout est écrit, tout peut sonner. Un tour de force incroyable.
La qualité indispensable pour devenir musicien ?
Il faut parvenir à concilier l’exigence et le lâcher-prise, la discipline et la possibilité de se laisser surprendre tout le temps. Un musicien doit conquérir sa liberté.
Des projets en-dehors de l’orchestre ?
Le tango, c’est ma deuxième vie ! J’en joue depuis ma rencontre avec le grand bandonéoniste argentin Juan José Mosalini en 2007. Le tango est une technique de jeu très particulière à apprendre, un peu comme la musique baroque. J’aime aussi explorer les autres musiques du riche folklore Argentin. Et puis, j’adore Buenos Aires, une ville incroyablement vivante sur le plan artistique.
Aimeriez-vous savoir jouer d’un autre instrument ?
Le bandonéon que j’ai découvert grâce au tango. Un instrument polyphonique incroyable qui a le souffle d’un instrument à vent et une capacité d’attaque et d’articulation proche d’un instrument à cordes.
Un répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?
Notre répertoire est très varié, mais j’aimerais qu’on étire un peu notre palette vers la musique baroque.
Un musicien absolu ?
Frank Peter Zimmermann, un violoniste parfait de style, de musicalité, de technique et de présence. Son jeu est tout en sobriété et pourtant, d’une incroyable intensité.
Votre devise ?
Christoph Eschenbach m’a dit lors de mon concours d’entrée : "il faut suivre le son". Une phrase que je garde toujours en tête quand je joue avec l’orchestre.
Pantin et la Philharmonie ?
J’adore me balader sur les quais du Canal de l’Ourcq, et je suis très heureux que la Philharmonie rencontre un énorme succès populaire. Avant même la construction de la salle, il y avait une vraie demande.
Les actions pédagogiques ?
Avec des collègues de l’orchestre, nous donnons actuellement un spectacle autour du livre Une chanson d’ours. J’adore raconter des histoires ! À l’heure actuelle, un musicien a un rôle social à jouer dans la société. C’est une facette passionnante de notre activité de musicien, et toujours riche de nouveaux défis.
Si vous deviez changer de métier ?
Un bras en moins, je resterais quand même dans la production ou l’administration de la musique !