Rebecka Neumann
Hautbois
Musicienne talentueuse et passionnée, Rebecka Neumann intègre l’Orchestre de Paris en 2022, après avoir été hautbois solo à l’Orchestre de la Garde Républicaine pendant 3 ans.
Elle commence le hautbois au CRR de Cergy auprès de Jean-Marie Poupelin, intègre par la suite le CRR de Paris dans la classe de Nora Cismondi puis entre en 2017 dans la classe de hautbois de Jacques Tys, David Walter et Frédéric Tardy au CNSM de Paris. Elle y obtient, en 2022, son master de musique de chambre en quintette à vent, son master de hautbois ainsi que son DE.
Sa passion pour l’orchestre ne cesse de se développer. Elle a la chance de participer en 2018 à la tournée de l’Orchestre Français des jeunes et d’être régulièrement appelée dans des orchestres prestigieux comme l’Opéra de Paris, l’Orchestre de la Suisse Romande ou encore l’Orchestre Philharmonique de Radio France.
Rebecka Neumann © Studio Cabrelli
Son Interview
Comment êtes-vous venue à votre instrument ?
Tout simplement en rencontrant le professeur de hautbois lors de la journée portes ouvertes du Conservatoire ! Mes parents sont musiciens et m’avaient déjà présenté tous les instruments, mais c’est en voyant le sourire et la personnalité du professeur que j’ai choisi le hautbois.
Votre routine ?
J’aime arriver très en avance aux répétitions et aux concerts. Ça me permet d’avoir le temps de saluer les collègues, de regarder les anches et de chauffer tranquillement. Une fois dans l’orchestre, j’essaye de m’adapter aux autres et c’est agréable d’avoir fait ce travail avant. J’adore me fondre dans la masse instrumentale, mais ce travail solitaire en préalable reste indispensable.
Le principal trait de votre caractère ?
Principal je ne sais pas, mais j’essaye de travailler sur ma souplesse ! Le travail de second hautbois est un vrai travail d’équilibriste qui demande beaucoup de souplesse pour se fondre tantôt dans le son du premier, tantôt dans le son des autres pupitres de bois, tantôt dans toute la masse de l’orchestre.
Votre pupitre ?
Je l’adore ! Au-delà des grands solistes qui viennent jouer avec l’orchestre, ce sont mes collègues qui m’éblouissent. Les côtoyer fait partie de mes joies au quotidien, tant ils sont uniques et différents. Entre course à pied, trail, cuisine, guitare, tir à l’arc et j’en passe, on peut dire qu’ils sont inspirants musicalement autant qu’humainement et forment une joyeuse troupe avec qui j’apprécie partager des moments.
Klaus Mäkelä ?
J’ai une affection particulière pour ce chef, car je suis entrée à l’orchestre sous sa direction. En 2022, il était présent à mon concours. Je l’ai découvert lorsque l’on a enlevé les paravents des auditions à l’aveugle, il était assis parmi le jury, c’était très impressionnant. L’énergie qu’il transmet à l’orchestre et sa façon de travailler, en essayant de tout faire passer par le geste plutôt que la parole, sont uniques.
Le trac ?
J’étais folle de joie en apprenant que j’entrais à l’Orchestre de Paris. Je réalisais un rêve car c’était la formation avec laquelle j’avais grandi à la Philharmonie, juste à côté du Conservatoire où j’étudiais. Je me suis mis une forme de pression durant mes premiers mois en poste. Il m’a fallu remettre les choses en perspective : j’ai maintenant plus de temps pour me mettre à des activités complètement différentes comme le crochet, le yoga et l’escalade, ce qui m’a permis de trouver un équilibre plus sain, plus serein.
La question que l’on vous pose le plus souvent sur votre instrument ?
On m’interroge souvent sur les anches. Comme les bassonistes, nous montons nous-mêmes nos anches. Celles-ci sont très sensibles à la température, à l’humidité, au grattage et à de multiples variables qui restent complexes même quand on a de l’expérience. Être hautbois demande un peu d’artisanat et de bricolage.
On vous donne une machine à remonter le temps, quelle période choisissez-vous ?
En tant que femme, je n’ai pas envie de retourner dans le passé ! Les choses évoluent dans le bon sens mais il reste encore beaucoup de travail. Sur le plan musical, j’ai joué l’œuvre d’une compositrice (une pièce de Clara Schumann) pour la première fois lorsque je devais avoir 17 ou 18 ans. Ici encore, il faut poursuivre les efforts pour une meilleure équité.
La dernière musique sur laquelle vous avez dansé ?
Fashion Designa de Theodora. J’adore le style vestimentaire de cette artiste. Elle est intelligente, gère excellemment sa carrière et apporte une vraie fraîcheur dans le paysage de la chanson française. Si jamais elle désire faire un concert avec l’Orchestre, je suis immédiatement partante !