Programme
Distribution
C’est une Écosse légendaire, brumeuse, mélancolique et épique qui jaillit de l’archet de Joshua Bell avant que l’orchestre ne nous entraîne, avec Mahler, dans l’une des pages les plus profondes et torturées du répertoire symphonique.
Comme Mendelssohn avec ses Hébrides et sa Symphonie n° 3, Max Bruch succomba avec cette Fantaisie à la vogue d’une Écosse mythifiée par le poète James Macpherson à la fin du dix-huitième siècle. L’œuvre de Bruch s’appuie d’ailleurs, contrairement à beaucoup d’autres, sur d’authentiques mélodies folkloriques. Complaintes d’amour et chant de guerre se succèdent au bout d’un archet virtuose et lyrique, emportant l’auditeur vers l’air pur et l’esprit épique des Highlands. Monumentale et ténébreuse, la Symphonie n° 6 de Mahler est tout entière imprégnée du sentiment du fatum, à tel point que l’épouse du compositeur, Alma, lui reprocha de tenter le sort en se montrant à ce point obsédé par la mort. Une impitoyable dialectique de l’ombre et de la lumière s’y déploie constamment, portée par la subtilité d’une écriture aussi dense qu’inquiète. Mahler y cite Revelge, le lied le plus noir du Knaben Wunderhorn, ainsi que ses déchirants Kindertotenlieder, évoquant la tragédie absolue qu’est la mort des enfants. L’immense Finale fait alterner le chaos et la rédemption, la passion et le désespoir, la frénésie et l’anéantissement ; Mahler y fait entendre des coups de marteau fatidiques : « l’homme reçoit trois coups du destin, dont le troisième le fait tomber comme un arbre ».
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
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