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Autres regards / Pop culture

Nico, à l’aube du Velvet

Nico chanteuse, un pur produit de New York et de la Factory ? La vérité est tout autre : quand Andy Warhol voit en elle la figure de proue idéale du Velvet Underground, la blonde covergirl a déjà fait à deux reprises l’expérience des studios d’enregistrement.

Publié le 21 Mars 2016
par Bruno Juffin

Nico et Lou Reed à Los Angeles, 1966.Lisa Law
Nico et Lou Reed à Los Angeles, 1966.

Les aventures musicales de Nico commencent en 1963 à Paris, où une apparition dans La dolce vita ouvre toutes les portes. Même s’il ne saurait rivaliser d’audace stylistique avec Federico Fellini, le cinéaste Jacques Poitrenaud a le sens du casting innovant – dans le rôle de l’effeuilleuse vedette de son nouveau film, Strip Tease, il préfère Nico à Ursula Andress, également pressentie. Poitrenaud a de surcroît l’oreille sûre : il fait appel à Serge Gainsbourg pour composer la bande-son, puis confie à Juliette Greco le soin d’interpréter la chanson du générique. Incapable de résister à la tentation de mettre une jolie fille devant un micro, Gainsbourg fait, de son propre chef, passer un essai vocal à Nico, promue vestale des night-clubs : « Pourtant si je suis toute nue/Je garde mon âme ingénue ».

En mai 1964, Paris porte à nouveau chance à Nico. Alors qu’il s’y promène en compagnie de son interprète français, Hugues Aufray, Bob Dylan tombe sous le charme de la grande Allemande à casque d’or ; en guise de cadeau, il lui offre une composition – « I’ll Keep It With Mine » – qui figurera en 1968 sur le premier album solo de Nico, Chelsea Girl.

La plus déterminante des rencontres parisiennes de Nico a toutefois lieu l’année suivante. En avril 1965, les Rolling Stones jouent à l’Olympia. En ce printemps, Brian Jones passe encore pour le leader du groupe. Après qu’une amie commune – le mannequin Zouzou – les a présentés l’un à l’autre, Brian et Nico se découvrent des atomes crochus. Quand vient l’été, Nico est à Londres, où le manager des Stones, Andrew Loog Oldham, vient de créer sa propre maison de disques, Immediate Records. Sous sa houlette, Nico enregistre dans un studio de Soho son premier single ; la chanson figurant en face A, « I’m Not Sayin’ » (« Je ne dis pas que je serai fidèle, mais j’essaierai… »), porte la signature du Canadien Gordon Lightfoot, la face B, « The Last Mile », est le fruit d’une collaboration entre Oldham et un jeune prodige de la guitare, Jimmy Page.

En décembre, Nico arrive à New York, où l’une de ses premières visites est destinée à un artiste à perruque blonde, qu’elle a rencontré à Paris, chez Castel. Quand Andy Warhol et son entourage entendent – et approuvent – « I’m Not Sayin’ », une illumination leur vient ; au début de janvier 1966, le Velvet Underground va s’enrichir d’un cinquième membre. Et faire de notables progrès en termes de photogénie.
 

Rodolphe Burger
Concert

Paris Velvet

Par Rodolphe Burger avec Bertrand Belin, Theo Hakola, Emily Loizeau, Mathilde Monnier, Poni Hoax, Swann, Mark Tompkins...
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Dimanche 22 mai 2016 - 20:30
Week-end The Velvet underground
Concert-promenade au Musée

VELVET@THEMUSEUM

Musée de la musique - Cité de la musique
Dimanche 3 avril 2016 - 14:30