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Académie La Maestra #3 : la master-classe de Pablo Heras-Casado

Publié le 06 avril 2021 — par Philharmonie de Paris

— Pablo Heras-Casado et Rebecca Tong lors de la master-classe du vendredi 26 mars 2021. - © Masha Mosconi

Très investi dans le projet initié par Claire Gibault, le chef espagnol a encadré le travail de perfectionnement de Rebecca Tong le temps d'une matinée. 

— master-classe de Pablo Heras-Casado

Enseigner, ce métier est presque impossible. Il n'y a pas de règles, pas de formules, pas d'instructions très précises. On essaie d'apprendre, chaque jour, toute sa vie. Et moi, en tant que professeur dans cette expérience, j’apprends, moi aussi, à trouver des solutions. À chaque fois qu'on change d’orchestre, de répertoire, de lieu, de conditions, même si on dirige une pièce qu'on a jouée mille fois, on doit toujours réapprendre à convertir ce qu'on imagine, ce qu'on pense, en sons.

« Ici, essaie de renforcer... Il y a une strette dans le rythme. Mais tu peux le montrer.  Pas la peine de marquer le tempo en continu, une fois que tu l'as donné. Et il a voulu quatre cors. C'est beaucoup. Alors… une explosion. Pas les trompettes, pas les timbales, mais donne de la couleur. »

J'étais à la place de Rebecca il n'y a encore pas très longtemps. Nous, les chefs, nous apprenons tout le temps. On se teste soi-même en permanence. Évidemment, ça me rappelle mes dernières master-classes, quand j'étais déjà un chef qui dirigeait un peu partout. Avec Pierre Boulez et Péter Eötvös, mais surtout avec Pierre Boulez, j’ai moi aussi été dans cette position, qui n'est pas facile : on doit faire de la musique, communiquer avec les musiciens, sous l'œil de quelqu'un qui nous corrige, nous aide, nous teste, d'une façon ou d'une autre. C'est inconfortable.

[Rebecca Tong] « Et là, je peux... ? »

« Oui, absolument ! Il y a cette petite rhétorique, ces mots... Mais il faut en faire une phrase. »

Pour moi, La Maestra est nécessaire pour offrir un espace aux cheffes d’orchestre, et le faire avec tout le support d'une institution comme la Philharmonie et l'Orchestre Mozart, avoir cette occasion de... - pas seulement de faire un concours, car il y en a déjà beaucoup, et ce n'est pas forcément positif. Mais là, ce n'est pas juste un concours, c'est une académie. On accompagne toutes les cheffes, avec des master-classes, des rencontres. On sent vraiment qu'on fait partie d'un projet. C'est très important, très rare, unique. Et le fait que Claire Gibault ouvre le projet et son orchestre à d'autres voix, d'autres chefs, des artistes invités qui peuvent aussi mener des perspectives différentes, c’est magnifique. C'est l'esprit qu'un artiste, qu'un chef d'orchestre doit avoir.  

Pablo Heras-Casado a fait ses débuts à l'Orchestre de Paris en 2017, dirigeant Carmen dans le cadre de la résidence de l'orchestre au Festival d'Aix-en-Provence. Il collabore régulièrement avec les phalanges les plus prestigieuses, telles que le San Francisco  Symphony et le Chicago Symphony Orchestra, le  Los Angeles Philharmonic, le Philharmonia et le London Symphony orchestra, l'Orchestre de Paris, les Münchner Philharmoniker, la Staatskapelle Berlin, etc.  En 2020, il répond à l'appel du Paris Mozart Orchestra afin de guider les lauréates dans l'apprentissage du métier de chef.fe d'orchestre.