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Philharmonie de Paris - Page d'accueil

Saison 3 - Épisode 8 - L'instrument à plumes

Publié le 16 septembre 2022 — par Blandine Iordan

En Inde, le Roi organise un concours d'instruments merveilleux. Mais Poulette Inquiète et Canard Grognon ont peur que le ciel ne leur tombe sur la tête et gâche toute la fête…

Un podcast pour les 3-8 ans.

Conte-moi la musique : des histoires fabuleuses, drôles et poétiques, imaginées à partir des instruments du Musée de la musique.

Écoutez ce podcast sur Apple Podcasts, Deezer, Google Podcasts ou Spotify.

 

Transcription : 

L’INSTRUMENT À PLUMES

Conte écrit par Blandine Iordan

 

Écoutez, avez-vous les oreilles bien ouvertes ? Vous êtes prêts pour partir à la découverte ?

Qu’est ce qu’on entend ? Une rivière qui coule ?  Le chant du vent dans les lianes ? Ou deux plumes qui glissent sur un toboggan ?

« Mais non, répond Canard Grognon, ce n’est que la porte du poulailler qui grince. »

« Pas du tout, pas du tout, dit Poulette Inquiète, c’est le son du ciel qui va nous tomber sur la tête ! Allons prévenir le roi ! Ça ne lui plaira pas, demain c’est le grand concours des instruments de musique merveilleux… »

« Des instruments quoi ? » demande Canard Grognon

« Des instruments merveilleux ! Tu sais bien que le Roi a organisé un Grand Concours de lutherie dans ses jardins, il espère le plus bel instrument, qui représente tout le pays ! »

 

Alors les voilà partis. En chemin ils rencontrent un petit garçon qui souffle des bulles de savon.

« Une bulle vide, une bulle remplie, une bulle vide, une bulle remplie… chante-t-il.

« Mais de quoi donc les remplis tu ? » demande Canard Grognon.

« Celle-ci je la remplis de sons, de vibrations, une vraie caisse de résonnances ! »

La bulle a grossi, grossi, on dirait maintenant une calebasse.

« Celle-là est pour moi ! » crie un Petit singe qui passait par là. Il l’attrape à la volée, s’agrippe à la bulle-calebasse et s’envole dans les airs avec.

« Je l’emmène chez le Roi ! »

Poulette Inquiète et Canard Grognon continuent sur le sentier, ils arrivent à un petit pont de bois. À pas prudents, Poulette Inquiète passe devant. Mais dès qu’elle pose sa patte de poulette sur le pont, celui-ci se met à rire, à se tortiller, à se gondoler ! Ça fait si longtemps qu’on ne l’a pas traversé ! sur les planches de bois se mettent à pousser toutes sortes de fleurs blanches, jaunes, rouges, roses…

« Où allez-vous comme ça ? » demande le petit pont de bois

« Nous allons prévenir le roi que le ciel va nous tomber sur la tête ! » explique Poulette Inquiète.

Et aussitôt le petit pont a sauté sur ses deux pieds pour les accompagner. Et voilà, Poulette Inquiète, Canard Grognon et le petit pont ont trottiné, trottiné, trottiné tant et si bien qu’ils ont fini par arriver dans les jardins du Palais.

 

Au milieu des fleurs de toutes les couleurs se promène le paon fier, avec ses grands airs. Ses yeux sont comme deux pierres précieuses, son cou gracieux se balance, Poulette Inquiète et Canard Grognon font une belle révérence
« Que venez-vous faire ici ? » demande le paon

« Nous venons voir le roi pour lui dire que le ciel va nous tomber sur la tête ! »

« Mais le roi, c’est moi ! » répond l’oiseau majestueux en secouant son aigrette.
Voilà qu’il fait la roue et toutes ses ocelles se mettent à briller au soleil, à tournoyer bleu vert turquoise. Et tout tourne avec lui : les fleurs et les jardins, le Palais étincelant, les gallinacés, le petit pont fleuri, tout est hypnotisé…

« Ah quel drôle de rêve ! » s’écrie le luthier en se redressant dans son lit. Il s’essuie le front et sourit : « dire que ça fait des semaines que je réfléchis pour ce concours de lutherie, je me gratte la tête… mais maintenant je sais exactement quelle forme donner à mon nouvel instrument : je vais fabriquer une vièle en forme de paon ! L’animal le plus beau, le plus majestueux, l’emblème de notre pays ! » 
 

Pendant des jours, le luthier a travaillé. Il a creusé une calebasse et l’a recouverte d’une peau bien tendue, pour faire le corps de l’oiseau. Sur les côtés sont peintes ses ailes repliées. À l’arrière, Il y a emboîté un long manche en bois tout décoré pour faire sa longue queue, il y a accroché trois grandes plumes de paon.
À l’avant, il sculpte délicatement une tête de paon avec ses yeux perçants.
Il a fixé les cordes et taillé un archet.

Et bien sûr, il a gagné le grand concours des instruments de musique merveilleux !

Depuis, dans toute l’Inde du nord, on joue de la vièle mayuri (la vièle-paon, en sanscrit)

Vous pouvez aller l’admirer au musée, ça ne risque rien : personne n’a été hypnotisé ! Mais en écoutant sa musique, on se sent glisser dans les airs, comme sur un toboggan, aussi léger qu’une bulle de savon.

Extrait musical :
- Prof. Surinder Singh Man Jaapoh Raam Gopaal, 2006 Partaal (Rhythms of Life)
Blandine Iordan