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Exposition Révolutions Xenakis : la scénographie de Jean-Michel Wilmotte

Publié le 22 février 2022 — par Philharmonie de Paris

— Xenakis et Le Corbusier en partance pour l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles - © Collection Famille Iannis Xenakis

 Fin connaisseur de Iannis Xenakis, Jean-Michel Wilmotte s’est attaché dans sa scénographie à reprendre les concepts mis au point par le compositeur dans son œuvre musicale et architecturale.

— Entretien : Jean-Michel Wilmotte

J'avais 10 ans, je débarque à l'Exposition universelle de Bruxelles.
La plupart des pavillons étaient plutôt des reconstitutions de la Chine ou de la Russie, des reconstitutions « folkloriques ».
Il y avait même la reconstitution du vieux Bruxelles.
Deux choses ressortaient : l'Atomium et le Pavillon Philips.
Le Pavillon Philips, c'est comme une grande tente touareg.
Il y a une espèce de mélange de cultures.
C'est passionnant.
Une grande tente touareg conçue avec une technologie, avec du béton légèrement armé, très fin, sur une fine paroi.
C'était un pavillon éphémère.
Dommage qu'il n'ait pas été construit pour durer.
On serait contents de le revoir aujourd'hui.
C'est un peu par ce pavillon, par toutes les lumières, par la musique qu'a composée à l'époque Xenakis, qu'il a mis au point, finalement, ses polytopes.
C'est ce qu'on a essayé de retrouver dans l'exposition de la Cité de la musique.
À un moment, toutes les lumières s'éteignent.
Et puis on recrée l'ambiance du polytope, avec ces flashs un peu stroboscopiques.
On a travaillé cette exposition en termes de son et lumière.
On ne peut pas dissocier le son de la lumière chez Xenakis.
Le son, le graphisme et l'extraordinaire portée musicale, qui est déjà une œuvre d'art en soi.
Une portée musicale dessinée par Iannis Xenakis, c'est une œuvre.
C'est totalement complémentaire.
Il y a toujours l'architecture derrière.
Quand il crée des structures, il y a toujours l'architecture, ce côté filaire, qui est le même que celui d'une portée musicale.
Dès l'entrée de l'exposition, on a repris un filaire qui est aussi un peu comme un morceau du Pavillon Philips.
Donc dès l'extérieur de l'exposition, on rentre dans cet univers filaire et ce côté « graphisme », qu'on retrouve dans l'exposition avec des systèmes de câbles, partout, même pour les tables.

 Architecte, urbaniste et designer, Jean-Michel Wilmotte visite enfant le Pavillon Philips avec ses parents. Cette expérience fabuleuse et fondatrice va le pousser à devenir architecte.

« J’avais dix ans. Mes parents m’avaient emmené à l’Exposition universelle de 1958 à Bruxelles. […] Comme tous les enfants, j’étais impressionné par l’Atomium, excité par le téléphérique qui survolait le site de l’Expo, amusé par les bateleurs et les fanfares du quartier de la « Belgique joyeuse ». Mais, en dépit de mon jeune âge, rien ne me fascina davantage que le Pavillon Philips, œuvre commune de Le Corbusier et de Iannis Xenakis. Je peux même dire, sans exagération, que cette visite me marqua à vie, qu’elle fut pour une bonne part à l’origine de ma vocation d’architecte et enfin qu’elle décida aussitôt et pour toujours de mon goût pour la musique contemporaine. »

Extrait de Dictionnaire amoureux de l’architecture de Jean-Michel Wilmotte
Éditions Plon, 2016