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Philharmonie de Paris - Page d'accueil

Fela Anikulapo-Kuti

Rébellion afrobeat
du 20 octobre 2022 au 11 juin 2023
Exposition
Musée de la musique - Cité de la musique

« La musique est l’arme du futur » : ces mots de Fela Anikulapo-Kuti n’en finissent pas de résonner aujourd’hui. Le musicien, né en 1938 au Nigeria, est devenu une figure d’envergure mondiale dès la fin des années 1970 et a enchaîné les tournées internationales jusqu’à son décès en 1997.

L’héritage du « Black President » est omniprésent à travers le monde, tant sur le plan musical que politique.

La fabrique de l’afrobeat

Le style musical que Fela a créé et qu’il a baptisé « afrobeat » mêle de multiples influences, des rythmes yoruba au free jazz en passant par la soul ou le funk. En constante mutation, l’afrobeat des Koola Lobitos, la première formation de Fela, doit également beaucoup au highlife ouest-africain et donne la part belle aux cuivres et aux percussions. Avec ses groupes Afrika 70 puis Egypt 80, Fela s’entoure d’un nombre croissant de musiciens et donne naissance à des constructions symphoniques de plus en plus complexes. L’exposition raconte ce cheminement et la trajectoire musicale de l’artiste, donnant à entendre et à comprendre les sources et l’évolution de l’afrobeat.

La République de Kalakuta

Tout au long de sa carrière, Fela a fait de son mode de vie un manifeste. Personnage sulfureux au mode de vie controversé, ses prises de position fracassantes contre la corruption des élites et le néocolonialisme continuent néanmoins d’inspirer les luttes au Nigeria et ailleurs.
Nourri par le panafricanisme de Malcolm X, Kwame Nkrumah ou Cheikh Anta Diop, mais aussi par les combats anticoloniaux de sa mère, la militante féministe Funmilayo Ransome-Kuti, il fait de ses concerts des tribunes et de sa maison, la Kalakuta Republic, un bastion dissident. Grâce à des archives et des œuvres inédites en provenance du Nigeria et des témoignages de première main, l’exposition rend compte de cet engagement de tous les instants qui lui vaudra de nombreux démêlés avec la justice et de multiples et violentes incarcérations.

Du Shrine aux grandes scènes internationales

Sur les scènes européennes ou à l’Afrika Shrine, son club à Lagos, tous les témoins de l’époque s’accordent à dire qu’un concert de Fela est une expérience inoubliable. Au rythme de morceaux hypnotiques entrecoupés de harangues politiques et de performances rituelles, les spectateurs sont emportés par l’énergie de Fela, de ses musiciens et de ses danseuses. Grâce à de grandes projections, mais aussi en donnant à voir l’identité visuelle foisonnante inventée par l’artiste – de ses costumes à ses pochettes d’albums – l’exposition redonne vie aux plus grands moments des concerts de Fela, faisant de la visite une véritable immersion dans l’univers de l’artiste.

Commissaires
Alexandre Girard-Muscagorry
Mabinuori Kayode Idowu
Mathilde Thibault-Starzyk

Conseiller musical
Sodi Marciszewer

Scénographie
Georgiana Savuta-Idier
Graphisme
Maison Solide

Voir le catalogue de l’exposition

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Entretien avec Alexandre Girard-Muscagorry & Mabinuori Kayode Idowu, commissaires de l’exposition

Entretien avec Alexandre Girard-Muscagorry & Mabinuori Kayode Idowu

Alexandre Girard-Muscagorry :

L’exposition « Fela Anikulapo Kuti, Rébellion Afrobeat » est la première grande exposition en Europe consacrée à la trajectoire musicale et politique de Fela.

On a souhaité, dans cette exposition, donner à voir le matériau sonore et la matière intellectuelle que Fela a travaillés au cours des années 1970, 1980, pour inventer l’afrobeat. L’afrobeat est un style musical cosmopolite qui mélange de nombreuses influences, du highlife au jazz, en passant par la musique yoruba, mais aussi une musique profondément engagée et politique, qui visait à dénoncer les maux de la société, les maux qui ravageaient l’Afrique dans les années 1970.

Cette exposition essaie d’articuler ces deux dimensions, musique et politique, autour de la trajectoire personnelle de Fela. On a souhaité consacrer une exposition entièrement à Fela, tant sa vie est complexe, riche, et sa musique puissante, encore aujourd’hui.

Et cette exposition est également importante à organiser ici, au Musée de la musique de la Philharmonie de Paris, puisque la première affiche de Fela en France, en 1981, a eu lieu à l’hippodrome de Pantin, non loin d’ici.

Cette exposition est pensée étroitement avec toutes les personnes qui ont bien connu Fela, en particulier ses enfants : Yeni Kuti, Femi Kuti, Kunle Kuti, qui ont travaillé étroitement avec nous, qui ont prêté de nombreux objets et costumes pour l’exposition...

Mabinuori Kayode Idowu :

Ses slips !

Alexandre Girard-Muscagorry :

On a aussi travaillé avec des gens qui ont combattu aux côtés de Fela, au premier rang desquels I.D.

Mabinuori Kayode Idowu :

J’ai rencontré Fela pour la première fois, face-à-face, en 1974. Avant ça, je voulais étudier à l’université, soit la philosophie, soit l’histoire. Et puis j’ai rencontré Fela, et on a parlé.

Je ne travaillais pas directement avec Fela, à l’époque. Je travaillais dans une boîte qui vendait des crèmes de beauté et où on m’obligeait à porter une cravate pour aller au boulot. Et c’est rigolo, parce que Fela a sorti l’album Gentleman à cette époque. Sur la pochette, il avait habillé son singe, qui s’appelait Jack, en costard-cravate, pour moquer les dirigeants africains qui portaient la cravate dans la chaleur africaine.

Du coup, on m’a viré de mon boulot, et Fela m’a dit : « Qu’est-ce que tu veux devenir ? »

J’ai répondu : « Un écrivain. »

Il m’a fait : « Viens me voir demain. »

Et voilà.

Alexandre Girard-Muscagorry :

Dans l’exposition, on a souhaité être au plus près de Fela, à la fois de sa musique, de ses combats, mais aussi de sa vie quotidienne, en s’immergeant dans l’ambiance du Shrine, son club de Lagos, et de la Kalakuta Republic, sa maison qu’il pensait comme un bastion autonome, affranchi des lois nigérianes. De grandes photographies et de nombreuses archives nous permettent de nous immerger dans l’ambiance de ces endroits.

 

Entretien réalisé par Tristan Duval-Cos.
Réalisation : Imaginé Productions.
© Cité de la musique – Philharmonie de Paris, 2022

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Comment venir

Porte de Pantin
M5 Métro ligne 5 3B Tramway 3B
Adresse
221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris